La fin d’une époque

25 09 2013

Ma décision est prise. Après 11 ans comme arbitre au hockey mineur, je ne reviendrai pas cette année. Pour la première fois en 20 ans, je ne serais pas impliqué dans des arénas en terme de hockey mineur. Parce qu’avant d’être arbitre, j’ai été marqueur pendant 9 ans.

J’aurai 34 ans demain, ce qui veut dire que j’aurai passé plus de la moitié de ma vie dans les différents arénas de Montréal, et de Laval. Je crois que j’ai assez donné.

J’avais commencé à prendre ma décision après la coupe Best Buy en février dernier. La Coupe Best Buy, c’est un peu la seule chose que je voulais faire, c’était également la raison pourquoi j’ai passé la dernière saison à Laval. C’est un tournoi de hockey qui se déroule à l’extérieur, quelque chose que je voulais faire. Et j’ai eu un plaisir énorme à le faire. Après le tournoi, j’ai commencé à penser que ça serait ma dernière saison.

Mais il y avait une partie de moi qui ne voulait pas lâcher. En partie parce que j’avais quand même du plaisir à arbitrer, mais il y avait autre chose. Depuis mes débuts, j’avais cette pensée utopique de dire que moi, en tant qu’arbitre, je pourrais faire une différence dans le hockey mineur. Je me disais que si je persistais à tenter de rendre l’expérience plus humaine et plus agréable pour les jeunes, les coachs, même les parents, qu’un jour, ça allait se propager, et rendre le hockey mineur plus le fun. C’était probablement ridicule de penser comme ça, mais je le faisais, soir après soir.

Puis, un soir de mars, j’ai eu un match horrible. Un match qui m’a vraiment reviré à l’envers. Un coach irrespectueux, des joueurs hors de contrôle, et des parents sans classe qui sont allé jusqu’à lancer une bouteille sur la glace, pour des pécadilles. Et c’est ce soir-là que j’ai réalisé que, si je voulais vraiment faire une différence, il me restait un calisse de gros bout de chemin à faire, et je n’étais plus certain si ça valait la peine.

J’ai quand même terminé la saison, j’ai eu d’excellents matchs dans les séries, et ça s’est relativement bien terminé. Mais j’ai quand même gardé ce petit arrière-goût amer pendant l’été. Et après plusieurs mois de réflexion, j’ai décidé que c’était tout.

Il y a une partie de moi qui quitte avec le sentiment que j’ai pas fini ce que j’avais commencé. Je sais que c’est con, Mais je me dis que, de toute façon, c’était presqu’impossible que je change quoi que ce soit. Le hockey mineur est malade, et les gens qui sont en position de changer les choses ne veulent pas bouger, soit parce que ça les satisfait, ou bien parce que ça ne cadre pas avec leur power trip, ou bien c’est simplement dans le but de garder leurs positions. Les hauts-dirigeants du hockey mineur, que ça soit au niveau provincial, régionnal, ou des associations (pas tous, faut pas généraliser, mais beaucoup) pensent à leurs propres intérêts et ceux de leurs organisations avant ceux des jeunes, et c’est ÇA qui rend le hockey malade.

Mais bon, ça donne rien. En fait, j’ai l’air cynique et amer, mais je ne le suis pas. Parce qu’en bout de ligne, je garde d’excellents souvenirs de mes 11 années sur glace et de mes 20 années totales comme officiels. J’ai eu des collègues incroyables, des partys mémorables (même si il y en a que je me rappelle plus ou moins), des anectodes à la tonne, et des moments que je me rappellerai toute ma vie.

Est-ce que c’est définitif? Pas nécessairement. Je n’ai pas brûlé aucun pont avec les staffs d’arbitre avec lesquelles j’ai travaillé, donc si jamais je m’emmerde trop cet hiver, je peux toujours retourner l’an prochain. Mais je reviens rarement sur mes décisions. Peut-être par orgueil, mais je prends habituellement des décisions réfléchies dans ces cas-là. Mais je ne ferme pas la porte. L’arbitrage est quelque chose de vraiment passionnant. Qui sait, peut-être je vais me lancer dans le baseball, ou le football, ou le basket?

Mais pour l’instant, je vais prendre le tout un jour, une semaine, un mois à la fois. Je vais reprendre mes dimanches soirs, pour commencer! Après, on verra bien…





Bouffe de rue (ou Comment se penser plus spécial que l’on est)

4 07 2013

Comme je suis en vacances, cette semaine, et que j’avais un rendez-vous dans le centre-ville, hier, ma femme et moi avons décidé d’essayer la fameuse bouffe de rue qu’on a tant entendu parler. On s’est donc arrêté au camion ChaudsDogs, où on s’est prit 1 pogo fait maison, avec des chips maison et un soda également fait maison (citron, fraise, basilique et menthe: Intéressant), tout ça pour 12$ chaque.

J’avoue que c’était très bon. Honnêtement, je ne suis pas certain que ça valait 12$, surtout que je suis resté en ligne pendant au moins 30 minutes.

Il y a deux problèmes avec la bouffe de rue qu’on a voulu implanté à Montréal.

Premièrement, Montréal a plié devant les restaurateurs, qui ont tous eu peur de perdre de leur chiffre d’affaire. Parce que c’est ça notre société d’aujourd’hui. Quand quelqu’un ou quelque chose menace notre business, on va tout faire pour l’en empêcher. Au lieu de, je sais pas, trouver un moyen d’innover nous même.

Mais l’autre problème, lui, est simple. On essaie de passer pour meilleurs qu’on est. On veut montrer qu’on est trop bon pour des hot-dogs ou des frittes. On a pas de maire, le maire intérimaire s’est fait arrêté, mais on mérite apparemment mieux que des gyros ou des shish-taouks sur le coin de la rue. Ça prends de la bouffe de foodies, ça prend de la bouffe fait par Ricardo ou bien Chuck Hughes, parce que notre ville est peut-être corrompue, mais pas question qu’on mange ce que la même chose que les pas de classes.

La seule bonne chose avec la bouffe de rue: Les foodcourts du centre-ville sont moins pleins!





Schällibaum encore suspendu

3 07 2013

Pour la troisième fois de la saison (qui est quand même relativement jeune), l’entraineur de l’Impact Marco Schällibaum est suspendu. Je n’ai pas vu ce qui s’est passé, mais faut croire qu’il le méritait.

J’aime bien Schällibaum. J’aime son style, j’aime ce qu’il a apporté à l’équipe. Mais c’est pas normal que l’entraineur soit suspendu 3 fois, à 3 occasions différentes, en une demie saison. Le problème, c’est que le coach va développer une mauvaise réputation. Déjà que le capitaine, Davy Arnaud, est probablement un des joueurs les plus chialeux de la ligue. Jesse Marsch, l’an dernier, était extrêmement vocale et bouillant sur les lignes de côté, mais ne s’est fait suspendre qu’une seule fois, en fin de saison.

Je crois sincèrement que Schällibaum devrait se calmer quelque peu, parce que plus ça va aller, plus les officiels vont avoir la mèche courte envers l’équipe, et ça risque de faire mal à l’Impact.





Messages aux 3 leaders étudiants

16 05 2012

Ce message s’adresse à MM Bureau-Blouin et Nadeau-Dubois, ainsi qu’a Mme Desjardins.

Je tiens d’abord à dire que je suis contre la hausse des frais de scolarité. Je ne suis pas pour un gel, mais une hausse indexée au cout de la vie serait amplement suffisante. Je suis également d’accord avec le fait qu’il y a de l’argent mal dépensé à quelque part.

Par contre, je suis carrément contre votre manière de faire.

Selon moi, la grève n’est pas la solution. Simplement parce que le but d’une grève est de nuire au bon fonctionnement de l’entité avec laquelle vous négotiez. Lors d’une grève étudiante, les seules personnes auxquelles vous nuisez, ce sont vos membres.

De plus, vous pouvez accuser le gouvernement autant que vous voulez de manipuler l’opinion publique (et vous avez en partie raison), reste que vous faites la même chose avec vos membres. N’importe qui peut jouer avec des chiffres. Vous accusez le gouvernement de berner le peuple avec comme argument que “$1,675 par session ça représente 75%”, reste qu’en bout de ligne, il est facile d’arguer que “75% de hausse représente seulement $1,675 par session”.

J’ai fait parti d’association étudiante. J’ai voté la grève en 1997. Et je sais très bien qu’une association étudiante obtient toujours ce qu’elle veut. Donc, arrêter de penser que vous êtes blanc comme neige. Vous avez des étudiants qui voulaient voter, probablement pour le retour en classe, et ils n’ont pu le faire. Assemblée déplacée, devancée, peu importe. Une tactique somme de base pour avoir ce qu’on veut.

Ce que je déplore le plus, c’est que vous avez totalement polarisé le débat.  C’est rendu que si on est contre le boycott, on est automatiquement pour les frais de scolarité. Qui plus est, la cause s’est transformé en cause anti-capitaliste (ce qui est un non-sens dans une province qui est probablement une des plus socialiste), en manifestant contre ceux qui font beaucoup d’argent, pour tenter de payer moins cher pour aller à l’école et faire beaucoup d’argent! (WTF!!!)

D’ailleurs, tous vos beaux membres pleins d’idéaux socialistes vont continuer à manifester contre la méchante machine capitaliste jusqu’au moment où ils vont commencer à faire de l’argent! So … désolé de peter votre balloune!

Ce soir, le gouvernement vous a donné une chance. En suspendant les cours, il vous donne 3 mois pour négocier à votre guise, sans risque de scraper votre session. Mais au lieu de ça, vous agissez comme si on vous forçait de retourner à l’école!

Vous accusez le gouvernement d’intransigeance, alors que vous êtes vraiment pas placé pour parler. Si vous voulez vraiment faire bouger les choses, mettez un peu d’eau dans votre vin. Soyez le “bigger person” pour une fois, et montrez que vous êtes moins enfantins que le gouvernement. Le monde va vous appuyer pas mal plus.

Si vous voulez un conseil … retournez en classe … pour l’instant! Il va y avoir des élections cette année, les libéraux vont probablement perdre, et tout ce que vous aurez gagné en foutant la province à l’envers risque d’être perdu!

N’oubliez-pas une chose: vous  n’avez  pas l’opinion publique pour l’instant. Vous avez réussi, à ma grande surprise, à faire passer votre message. Mais arrêtez de penser que vous avez  raison. Personne n’a raison dans cette merde là! Il n’y a, et en bout de ligne n’aura, aucun gagnant dans cette crise, seulement des perdants. Faites preuve d’un peu de bonne foi, et prenez l’occasion des cours suspendus pour vous regrouper et bien négociez! Vous avez le temps, prenez-le!

Et de grâce, dites à vos membres de laisser le peuple tranquille!

Bien à vous,

Franc Riopel





Fausse joie

8 05 2012

Honnêtement, je pensais qu’on avait finalement trouvé une solution dans le conflit étudiant. On s’assoit, on discute de solutions, on trouve une entente. Et la FEUQ et la FECQ ont beau dire qu’ils ne faisaient pas de recommendations, reste que s’ils amènent la proposition à leurs membres, c’est parce qu’ils sont d’accord!

Sauf que ça s’est gâté, en fin de semaine. Et c’est vraiment un cas d’arrogance du gouvernement Charest. Quand tu deals avec des étudiants susceptibles qui cherchent la moindre bebite pour mettre le feu aux poudres, la stratégie est simple : tu FARMES TA YEULE! T’as pas d’affaires à aller parler devant tout le monde comme si tu avais gagné. Et même si tu as gagné, tu peux pas t’en vanter, parce que ça va encore se revirer contre toi!

De l’autre côté, si les trois amigos des associations étudiantes sont pas content de l’entente, c’est de leur putain de faute! Vous êtes sortis de la salle avec l’entente que vous avez accepté, c’est VOTRE problème. Arrêtez de blâmer le gouvernement parce que vous avez mal fait votre job!

Donc, rien de nouveau dans ce dossier là! On a affaire à deux camps remplis d’osties de têtes de cochon qui veulent pas bouger d’une miette, qui vont scrapper des sessions universitaires et collégiales, juste parce qu’ils se disent “C’est pas à moi à bouger, c’est à l’autre”.

Maudite belle mentalité, ça!





Honte à vous tous!

26 04 2012

Je me suis couché, mardi soir, avec un sentiment très dérangeant.

J’ai honte d’être québécois.

Tout d’abord, mettons ceci au clair. Je ne suis pas pour les hausses scolaires. Je ne crois pas en la gratuité scolaire, mais je suis d’avis qu’il y a de l’argent très mal dépensé dans le système d’éducation, c’est par la qu’on devrait commencer. Par contre, je suis contre les boycotts étudiants. Une grève, tu fais ça pour causer du tort à ton employeur, pour les faire changer d’idées. Une grève étudiante, ça ne cause du tort qu’aux étudiants, qui risquent leur session… Je suis certain que s’ils mettaient autant d’efforts à trouver une autre solution, on pourrait trouver quelque chose.

Par contre, en regardant la télé, hier, et en voyant le chaos total qui régnait dans le centre-ville, ça m’a frappé. En mettant les choses en perspective, il faut se rendre compte qu’on est en train de mettre la ville à feu et à sang … pour $1,625 sur 5 ans!!! Êtes-vous fucking sérieux? $1,625 sur 5 ans! Et ici, je blame tout le monde! Autant les étudiants, qui tiennent mordicus à leur idéologie socialiste complètement irréaliste (qu’ils vont probablement abandonner quand ils vont commencer à faire de l’argent), que le gouvernement, qui continue à provoquer, et qui aurait probablement pu mieux gérer les quasi négociations qui ont eu lieu cette semaine.

En bout de ligne, tout le monde va en souffrir. Personne ne va sortir gagnant de ce conflit, parce que les deux partis restent fermes sur leur position et vont faire les têtes de cochon en disant que c’est à l’autre parti de faire des concessions. Ça risque d’être encore plus laid que ça ne l’est là, et chaque parti est responsable à part égale! Le Québec va passer pour un pays du tiers monde, parce que la future génération pique une crise d’adolescent pour faire bouger un gouvernement qui semble déterminé à montrer c’est qui qui est le boss!

Pour $1,625 sur 5 ans…

Honte à vous tous! Charest, Beauchamp, FEUQ, FECQ, CLASSE, Black Bloc, tout vous autres! Honte à vous!





Pourquoi j’aime les foires au hockey…

31 03 2012

C’est vraiment weird.

Je suis toujours le premier à me plaindre qu’on glorifie trop la violence, qu’une personne s’oublie lorsqu’elle rentre dans un aréna, en cessant d’être un être humain et en devenant un être d’aréna rempli de haine et de frustration. In the grand scheme of things, c’est juste du hockey, et c’est complétement ridicule de se frustrer et de s’emporter pour du sport!

Pourtant, je viens de passer une heure et demie à regarder des foires et des batailles générales sur YouTube! Go figure!

Et après un bout de temps, j’ai compris ce qui m’attirait: le chaos! Le chaos le plus total quand les deux bancs se vident, quand t’as une quarantaine de joueurs qui se battent, avec seulement 3 gars pour les séparer. C’est totalement ridicule! Les gens sont ben trop primé, sont quasiment aussi fâché que les joueurs. Certains veulent essaient même de s’en prendre aux joueurs.

Pourquoi le chaos attire tant? Who knows! La même raison, j’imagine, pour laquelle le monde aime regarder les manifestations étudiantes à la télé, ou les rassemblements des sommets du G20. Je sais pas c’est laquelle, mais le chaos est vraiment l’élément commun.

Et pour un arbitre comme moi, en plus, c’est doublement le fun. Un foire, c’est le fun quand t’es juge de lignes. Quand t’es arbitre, c’est autres choses!